29/01/2009

Des kebabs par milliers

On vous dira : un chien, ce n'est pas fait pour vivre en ville. En ce qui me concerne, vivre en ville depuis bientôt trois mois a permis de me freiner sur certaines addictions. Cela fait ainsi trois mois que je n'ai pas touché à un mulot. Je n'en ai même pas ressenti le besoin et finalement ce n'est pas plus mal, car tous ces petits os, c'est assez dur à digérer. Oui, les mulots en fait, pour les chiens, c'est comme les bigorneaux pour les humains : c'est un plaisir de les chercher, mais une fois dans l'assiette certains sont pleins de sable et ce n'est pas si agréable à croquer. Les mulots, c'est pareil. La seconde où on les attrape est jubilatoire, mais au moment de les avaler on se rend compte que ce ne sont que de minis touffes de poils remplies d'os pointus comme des cure-dents. Donc, pas de regret. L'autre mauvaise habitude que j'ai abandonnée, c'est ma manie de faire des trous dans la terre, ou plutôt celle de peaufiner un grand trou dans lequel j'allais me lover. Enfin presque. L'autre jour, je ne sais pas ce qui m'a pris : en passant au niveau du jet d'eau devant le théatre, j'ai eu subitement envie de creuser. C'était du sable et en trois secondes j'avais déjà gagné dix centimètres par rapport au niveau général de la surface. Mais ma maîtresse est intervenue et elle m'a arrêtée, et puis elle a essayé de reboucher le trou en poussant le sable avec ses pieds, tout en cherchant autour d'elle si quelqu'un la regardait - preuve qu'elle n'était pas très fière de ce qu'elle faisait. Mais il y a plus important. Avant, à la campagne, je vivais très isolée. Le seul autre chien que je voyais, c'était celui du voisin, et il se montrait terriblement agressif chaque fois que l'on se croisait, tout ça parce que quand j'étais chiot, j'étais allée une ou deux fois faire un pissou sur son terrain. Enfin bref, un véritable rustre. Maintenant, dans ma ville, je fais partie d'une communauté, ou tout au moins d'un groupe d'habitués. On se rencontre tous les matins au jardin public à la même heure, on se salue, on se fait du charme, on se toise du regard et de la crinière, on s'évalue. Le premier jour, pourtant, le jardinier a dit : " Tiens, ce chien-là, on ne le connaît pas. Vous êtes nouvelle ! " Ma maîtresse a bien été obligée d'acquiescer. Mais depuis, il a pris l'habitude de nous voir et l'autre jour, il est même venu me caresser. Pour finir, ce qu'il y a de plus excitant en ville, c'est la mixité culturelle, perceptible sur les trottoirs dans les allées où sont installés les différents points de restauration " à emporter ". A chaque sortie je me régale tour à tour de miettes de viennoiseries, de bouts de pizzas tombés sur le trottoir, et surtout, surtout, de frites, de salade, de tomates, autant d'ingrédients de kebabs qui sentent si bon la viande et que les maladroits laissent échapper de leur sandwich. Alors puisque janvier n'est pas encore terminé, j'en profite pour vous souhaiter à tous une bonne année 2009, pleine de santé et de kébabs par milliers.

15:51 Écrit par Caramelle dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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